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Fort de Locqueltas

 

Après la Grande Guerre

Une casemate dépendant du fort de Locqueltas est vendue aux enchères par l'administration des domaines le 19 novembre 1920. Elle est adjugée à M. Le Leuxhe au prix de 5200 francs.

Les 25, 26 et 28 janvier 1921, le 1er R.A.C. procède à des tirs à la mer à la batterie de Locqueltas. La presse locale rappelle la zone de tir et la zone interdite. En outre, si des dragueurs soulevaient ultérieurement des obus non éclatés, ils devraient en aviser immédiatement l'inscription maritime.

 

Demande de déclassement du fort

Le 31 janvier 1926, le tout nouveau conseil municipal de Larmor-Plage, considérant que l'évolution de la commune ne peut se faire que par la suppression du fort de Locqueltas, demande son déclassement et la vente des terrains devenus libres au profit de l'état et en attendant l'accomplissement des formalités qui peuvent être longues, demande la suppression des servitudes actuelles.

 

Le 5 mars, le chef du génie répond qu'il adresse le dossier au ministre de la guerre, et ajoute que la Marine et le service de l'Artillerie ont déjà émis un avis défavorable.

Le 17 juin, le ministre décide qu'il n'y a pas lieu d'envisager le déclassement, ni la suppression des servitudes de l'ouvrage en cause.

Un an plus tard, le 25 septembre 1927, la commune réitère sa demande.
Le conseil municipal, considérant
- que la situation géographique de Larmor-Plage, station balnéaire, ne permet la plus grande extension de son agglomération et de son évolution constante que le long des plages de son territoire, de la pointe du Kernével à la pointe de Kerpape ;
- que la principale de ses plages se trouve affectée du voisinage immédiat du fort de Locqueltas situé à 300 m environ du centre actuel de son agglomération, qu'il est constant que les servitudes obligées d'un fort paralysent nécessairement et complètement la construction autour de l'édifice ;
- mais considérant que le fort de Locqueltas a été complètement désarmé il y a quelques années, que l'enlèvement et la destruction des affuts de pièces ont été opérés l'année dernière, que l'on peut en conclure que ce fort n'a plus sa raison d'exister puisque l'administration de la guerre à laquelle il appartient ne s'en sert plus que pour un dépôt de pièces d'artifices qui ne parait pas avoir besoin des servitudes afférentes à ce fort, lequel n'occasionne que des dépenses ;
- qu'il n'appartient pas à la municipalité de discuter le bien-fondé de l'utilité du fort pour l'avenir, mais qu'il est constant qu'alors même que ce fort devienne réarmé pour les besoins de la Défense Nationale, sa proximité presqu'immédiate de l'agglomération de Larmor fait que les servitudes sont sans objet et sont une obstruction très grande à l'évolution de la station balnéaire et non sans préjudice aux intérêts des propriétaires riverains qui ne retirent aucun revenu de leurs propriétés lesquelles ne se prêtent pas à la culture ;
- considérant la bienveillance très marquée de monsieur le ministre de la guerre d'avoir consenti à l'abandon du champ de tir de Kercavès, ce dont la commune lui en garde une grande reconnaissance ;
Demande instamment que, si le fort de Locqueltas ne peut être abandonné, monsieur le ministre de la guerre étende à nouveau sa bienveillance sur Larmor-Plage en supprimant dès maintenant les servitudes du fort de Locqueltas.
Il demande l'appui de Lorient, du conseil général et du préfet.

La réponse du ministre est encore négative : il n'est pas possible en raison des nécessités de la défense, d'envisager la suppression des dites servitudes. Il laisse néanmoins penser que la construction d'habitations en bois, facilement démontables, pourrait être autorisée.

Mais le général, commandant le 11e corps d'armée, s'y oppose faisant référence à un décret de 1833 qui interdit toute construction, de quelque nature qu'elle soit dans la première zone des servitudes autour des places et des postes classés.

Le 1er mars 1930, la chambre d'industrie touristique de Larmor émet un vœu tendant au déclassement du fort et de ses servitudes.
Le lendemain, le conseil municipal fait sien le vœu émis par la chambre d'industrie touristique et renouvelle sa demande du 25 septembre 1927. Copie est adressée aux autorités civiles, militaires, aux parlementaires et aux associations touristiques de la région en demandant leur appui pour que satisfaction soit enfin accordée à sa légitime revendication.

La chambre de commerce de Lorient et du Morbihan, dans sa séance du 2 avril, émet un avis très favorable à ces vœux.

Dans un courrier "secret" du 7 avril 1930, adressé au chef du génie à Lorient, le contre-amiral Audouard, commandant de la Marine à Lorient, écrit : ce fort a toujours été considéré par la Marine comme nécessaire à la défense des côtes. De plus, il figure au programme d'armement du littoral, mis à jour tout récemment, parmi les ouvrages qui doivent être armés dans un avenir prochain.
Il ne m'est donc pas possible d'émettre un avis favorable à un déclassement ou à la suppression des servitudes.

Mais la presse se fait l'écho de cette correspondance ce qui provoque une vive réaction du contre-amiral auprès du préfet.

 

Je regrette vivement que ce document ait pu être porté à la connaissance du public par la voie de la presse.
Je vous serais très obligé de vouloir bien faire rechercher dans quelles conditions a pu se produire la fuite dont il s'agit.

La nouvelle du prochain armement du fort de Locqueltas est surprenante. En effet, désarmé depuis la guerre, il est dépourvu de toutes pièces d'artillerie et ne sert que d'abri à de vieilles munitions, sous la surveillance d'un sous-officier du Génie.

 

Trois ans plus tard, le 7 septembre 1933, à la nouvelle demande de suppression de la zone de servitude de la batterie de Locqueltas formulée par la chambre d'industrie touristique de Larmor, le ministre de la Marine répond que la zone de servitude de 250 mètres, actuellement existante est nécessaire autour de cette batterie, qui doit être utilisée pour la défense du littoral.

 

De nos jours

L'occupation allemande étant passé par là, la côte est couverte de bunkers destinés à protéger la base des sous-marins qu'elle a construite à Lorient. Le fort de Locqueltas et la pointe du Kernével sont particulièrement stratégiques et équipés en batteries lourdes.

Ce n'est qu'en 1952 que le fort est désarmé, mais la zone de servitude demeure.

Actuellement, toujours propriété de la Marine, le fort de Locqueltas abrite un centre de vacances des armées.