Les villas

 

Plage de Larmor

En 1887, M. Philippe vend deux maisons, anciens corps de douane, situées à l'est du Casino, en bord de mer. Eugène Lecorno, pharmacien à Lorient, acquéreur de l'une d'elles, en fait sa résidence secondaire et l'appelle villa Ker Glazic. François Doctaire, négociant à Lorient, acquéreur de la seconde la revend 4 ans plus tard à M. Lecorno qui la baptise villa Zéphyr (du prénom de son beau-père).
M. Lecorno les transforme par l'adjonction d'un étage et fait construire à ses frais un trottoir devant ses propriétés. C'est l'ébauche de la future Promenade de Port-Maria, dans le prolongement du Quai Bellevue.

Villa Ker-Glazic - collection personnelle

Villa Zéphyr - collection personnelle

 

En 1900 ou 1901, l'abbé Morcrette, aumônier du cercle militaire de Lorient, construit sur une pointe rocheuse en bord de mer la villa Marie, prénom de sa sœur, grande maison de deux étages et grenier. En 1923, elle devient la propriété de Pierre Houel, commandant d'artillerie, demeurant à Paris et prend le nom de villa Ber Ever.

En 1905, en retrait de la précédente, à l'emplacement d'une ferme, sur un terrain ayant également appartenu à l'abbé Morcrette, la veuve d'Albert Gosse, libraire Lorientais, fait édifier la villa Ty Karet.

En 1907, M. Georges Bechon, capitaine de frégate demeurant 17 rue de la Comédie à Lorient, fait l'acquisition d'une partie du terrain de l'ancien Casino. Il y fait construire la villa Ker Mat.

Sur l'extrémité ouest du terrain du Casino, M. Alphonse Thomin, négociant rue Voltaire à Lorient, fait édifier sa villa en 1908.

 

En 1910, une imposante construction voit le jour à l'extrémité sud de la plage de Port-Maria. Elle est la propriété de Pierre Le Garrec, médecin demeurant 23 cours des Quais à Lorient. C'est la villa Les Hermines.

En 1925, M. Alphonse de Laigue fait construire la villa Les Vacances entre Ker Mat et la villa Thomin.

A l'autre bout de la plage de Larmor :
En 1926, Jean Bouler, entrepreneur Lorientais fait édifier la villa Sainte-Anne.
En 1929, le docteur Le Moal, de Lorient, fait construire la villa Ker Anna.
En 1931, Maurice Guilhaumon, entrepreneur à Lorient fait bâtir sa résidence secondaire.

 

 

Plage de Toulhars

Les premières villas font leur apparition sur la plage de Toulhars un peu plus tôt que sur celle de Larmor, avant la fin du XIXe.

La plus ancienne, Le Guézo, est édifiée avant 1890 par Ernest Cavaillac, propriétaire de l'hôtel de Bretagne à Lorient.
Avant 1892, Eugène Le Henaff, négociant quai de Rohan à Lorient, fait construire sa villa.
Puis, sont construites avant 1897 les villas de :
- Léon Hecaen, syndic de faillites parisien, petit-fils par alliance d'Ernest Cavaillac et beau-frère d'Eugène Le Corno, propriétaire de deux villas, plage de Larmor ;
- Madame Morié, Ty Ména.

 

En 1904, Pierre Le Bras, fabriquant de conserves à Larmor, fait bâtir une grande villa devant la cale qu'il avait fait construire pour les besoins de son usine.

Après la vente par adjudication des "communs de Larmor" en 1903, plusieurs villas font leur apparition sur ces parcelles.
Celle d'Alexis Pedrono, médecin Lorientais en 1905 Ker Annic, puis celle de Désiré Baumal marchand papetier la villa Ker Odette et celle d'Edouard Corfmat, négociant à Lorient.

Egalement vers 1905, Pierre Béziers, industriel demeurant 74 rue de l'Hôpital à Lorient, fait construire l'imposant ensemble constitué d'une grande maison, la villa Marie Louise, de deux maisons de garde, d'une écurie, d'un garage et de deux pavillons. En 1927, il le cède à Pierre Aubert, industriel du cinéma à Boulogne-sur-Seine (qui sera assistant réalisateur du film "Les vacances de Monsieur Hulot"), fils de Louis Aubert, créateur en 1913 des salles de cinéma "Aubert Palace" à Paris.

Sur le terrain acquis en 1903 par Edgard Dufilhol, Léon de Fallois, courtier maritime à Lorient et Edmond Chartier, commis de l'inscription maritime font construire les villas jumelles Mygla et Elianed (noms formés avec les initiales du prénom de leurs enfants).

En 1910, Hyacinthe Duliscouet, médecin, conseiller général de Lorient, fait édifier la villa Ti Kloar à côté de celle de sa belle-mère Marie Perrine Le Theuf, veuve d'Ernest Cavaillac.

A l'extrémité est de la plage, non loin de l'observatoire de Toulhars, Georges Longepied fait édifier sa villa.

 

Enfin, en 1931, Edouard Landouer, hôtelier à Paris dont la belle-famille est bien implantée à Lorient, fait construire, sur le seul terrain restant non bâti, la villa Neptune caractéristique avec son toit plat.

 

Kernével

Cette partie traite uniquement de la propriété Ouizille située à l'extrémité est de la commune, à la pointe du Kernével. A l'origine, en 1859, Charles Auguste Ouizille, banquier Lorientais, fait l'acquisition de l'usine à sardines provenant de la succession d'Auguste Gillet et comprenant une imposante maison de maître datant d'avant 1819. Charles Auguste sera président de la chambre de commerce, président du tribunal de commerce et conseiller général de 1867 à 1871.

Charles Auguste Ouizille décède en 1881 laissant une veuve et quatre enfants âgés de 18 à 28 ans. Ils poursuivent l'activité de fabrique de conserves alimentaires jusqu'en 1891 avant de transformer les lieux en haras.
L'écurie Ouizille-Gallice participe à des courses hippiques dans toute la région. Ainsi, en mai 1891 à Vannes :
Martolot, cheval de 3 ans, gagne la 3e course au galop et un prix de 500 francs,
Master Corlay cheval de 4 ans gagne la 8e course steeple-chase de 3600 m et un prix de 1000 francs. Pesquetaire se classe 2e.

La maison de maître de Charles Auguste devient la villa Kerosen et la propriété de sa fille Rosalie Marie épouse de Charles Auguste Henri Gallice, président de la prestigieuse maison de champagne Perrier-Jouët à Epernay. En 1910, ils ajoutent deux ailes à leur villa.

En 1895-1896, Georges Ouizille, banquier, fait construire la villa Margaret.

Georges Ouizille, est le 3e enfant de Charles Ange Auguste Ouizille et de Rosalie Lestrohan.

En 1901, avec son frère Auguste, et Emile Marcesche, il contribue à créer les Etablissements Marcesche et Cie, bien connus à Lorient, ayant pour objet le commerce des charbons, bois et métaux.

Les frères Ouizille ont beaucoup investi, en particulier dans les conserveries de sardines et dans la production de boîtes de conserve en fer blanc pour le poisson et les légumes. Ils dirigent la société industrielle de Lorient.

En 1904, ils fondent la société anonyme de l'Abri du Marin ayant pour objet de procurer aux marins-pêcheurs un asile contre les intempéries et un lieu de réunion lors de leurs séjours à terre. Georges Ouizille finance les travaux de construction de l'abri du marin au Guilvinec et à Audierne.

 

En 1897, Auguste Charles Ouizille, fils ainé de Charles Auguste, banquier comme son frère, se lance dans la construction d'une nouvelle villa située entre les deux autres. Les plans sont de M. Charrier, architecte à Vannes et les travaux sont confiés à M. Vannier, entrepreneur à Port-Louis. C'est la villa Kerlilon.

Jusqu'en 1940, ces trois villas servent de résidence de vacances aux familles Ouizille qui demeurent à Paris et à Epernay avant d'être réquisitionnées par les Allemands. L'amiral Karl Dönitz établit son PC dans la villa Kerlilon d'où il dirige les sous-marins engagés dans la bataille de l'Atlantique. Puis elle est le siège du commandement de l'état-major allemand défendant la poche de Lorient. L'amiral Dönitz fait démonter la tourelle surplombant la villa, jugée trop visible.

Après la guerre, la marine nationale réquisitionne les trois villas pour s'y installer, puis des baux sont établis pour régulariser la situation. La villa Kerlilon abrite le commandement de l'arrondissement militaire de Lorient. En 1956, Hubert Ouizille, fils d'Auguste Charles, propriétaire, la vend à la marine. Elle deviendra la résidence du COMAR (Commandement de la Marine).

La même année, la comtesse Rosy de Chatellus, fille d'Henri Gallice et de Rosalie Ouizille, vend la villa Kerosen à la marine. Elle sert d'annexe au Cercle Naval.

Egalement en 1956, la marine n'ayant plus l'utilité de la villa Margaret la rend à son propriétaire, la famille Mertian, gendre de Georges Ouizille. Vendue à la Caisse d'Allocations Familiales du Morbihan en 1959, elle sert de centre pour colonies de vacances. Elle est ensuite cédée au SIVOM en 1988 qui y installe la capitainerie du port de plaisance du Kernével en pleine extension.